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Conquête française:
À l’extérieur, Alger doit sa puissance à l’efficacité de sa flotte de corsaires qui exerce une forte influence en Méditerranée occidentale. Régulièrement, les États européens payent un tribut pour assurer la protection de leurs navires, et les rançons des prisonniers apportent de gros revenus à la régence. Mais à la fin du XVIIIe siècle, les progrès réalisés en matière d’armement et de construction navale permettent aux Européens de mener une action collective contre la capitale corsaire. En 1815, les États-Unis envoient une escadre navale à Alger. L’année suivante, le dispositif défensif de la ville est pratiquement annihilé par une flotte anglo-hollandaise.
En 1827, prétextant un incident qui oppose le dey Hussein au consul de France Deval, Charles X ordonne un blocus naval et une expédition militaire contre la ville. Les troupes françaises, fortes de 37 000 hommes, s’emparent d’Alger en 1830 et occupent une partie du pays. Le nouveau régime suscite d’emblée une farouche résistance de la part des tribus, habituées à une autorité turque très indirecte.
En Oranie, elles s’organisent autour de l’émir Abd El-Kader, qui proclame la guerre sainte contre les Français en 1839. Sa tactique, fondée sur des attaques éclair, rend très difficile l’entreprise de conquête menée notamment par le général Bugeaud. Abd El-Kader, qui se réfugie au Maroc et obtient, un temps, l’appui du sultan marocain, est définitivement vaincu en 1847, mais il demeure longtemps un héros de la résistance nationale aux yeux de nombre d’Algériens. |
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L'Emir Abd El-Kader |
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Colonisation française:
Les premiers colons français qui s’établissent aux environs d’Alger achètent à bas prix ou confisquent leurs domaines aux propriétaires algériens et turcs. La conquête, menée par l’armée française, ne s’achève qu’en 1857 avec la soumission des oasis du Sud et de la Kabylie. Elle est facilitée par le repli opéré par les Ottomans, qui, dès 1820, ont octroyé des chartes libérales officialisant la transformation des régences en protectorats semi-indépendants, puis par l’impossibilité pour les chefs de guerre algériens de faire en quelques années l’unité d’un pays morcelé politiquement, géographiquement et ethniquement. C’est dans ce vide politique que s’engouffrent les conquérants.
La colonisation officielle commence en 1836 dans la Mitidja. D’abord réticente, l’administration française organise l’attribution de terres à des colons dont elle encourage la venue jusqu’au début du XXe siècle, à grand renfort de publicité, notamment chez les viticulteurs du Midi, dont les vignes ont été détruites par le phylloxéra. En 1848, l’Algérie est proclamée territoire français et divisée en trois départements. Les colons constituent une élite privilégiée, qui développe de grands domaines produisant du vin et des agrumes commercialisés en France. Si certains Européens bâtissent de véritables fortunes, la majorité des colons est constituée de fonctionnaires, de petits exploitants agricoles et de commerçants. Après la révolution de 1848 puis au lendemain de la Commune de Paris, des opposants politiques sont déportés en Algérie, venant grossir les rangs des colons. L’administration de la population musulmane est confiée aux Bureaux arabes créés en 1844 par Bugeaud, gouverneur général de l’Algérie depuis 1840. Formés uniquement d’administrateurs militaires, ils protègent les populations arabes des exactions des colons et provoquent le sénatus-consulte de 1863 qui, en principe, garantit leurs terres aux tribus.
Sur le plan administratif, les colonisateurs de l’Algérie hésitent entre une politique d’assimilation et des mesures visant à préserver l’autonomie de la colonie, sans vraiment réussir à trouver de solution viable. Instrument de l’assimilation, le décret Crémieux de 1870 accorde la citoyenneté française aux 32 000 juifs d’Algérie, puis en 1889 la loi de naturalisation des enfants nés en territoire français permet l’accroissement rapide de la population non musulmane. À partir de 1881, on tente aussi une gestion directe de l’Algérie depuis les ministères parisiens ; échec complet, cette expérience a pour conséquence d’aggraver le sort des populations arabes, ignorées par les législateurs. À la fin du XIXe siècle, le régime d’autonomie financière est rétabli. Outre le gouverneur général, l’essentiel du pouvoir est détenu par l’Assemblée des délégations financières des colons, des non-colons et des indigènes musulmans (21 représentants sur 69 membres). Le pays demeure fort peu industrialisé. La population algérienne, évaluée à 2 millions d’habitants à peine en 1830, est estimée à près de 10 millions en 1954, dont 1 million d’Européens.
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